Rugby: les Bleus reconnaissent n'avoir "pas joué"

Posté le 15 Oct 2011 at 10:10AM

Plus que sur le contenu du match, les Bleus mettent l'accent sur les ressources mentales dont ils ont fait preuve pour conserver leur avantage au score lors des dernières vingt minutes. "Je retiens qu'on a été au moins présent dans l'état d'esprit. ...

par Mathieu Baratas

AUCKLAND (Reuters) - Même s'ils sont heureux de la qualification pour la finale, les joueurs du XV de France se sont montrés lucides et sévères sur la pauvreté de leur jeu en demi-finale de la Coupe du monde face au Pays de Galles (9-8).

Mais si le rugby pratiqué n'est pas flamboyant, il a le mérite, aux yeux des Français, de faire gagner.

"On ne fait pas un bon match parce qu'on n'a pas joué. On fait le match qu'il fallait pour gagner", a dit Lionel Nallet. "La semaine prochaine, s'il est aussi pourri et qu'on gagne d'un point, je prends. Cela ne va pas me traumatiser."

Dès l'entame de rencontre, les Français, "amorphes" selon Julien Bonnaire¸ ont eu du mal à prendre le jeu à leur compte. Au lieu de les libérer, le carton rouge du flanker gallois Sam Warburton (19e) a bloqué, voire tétanisé, les Tricolores .

"Avec le carton, on s'est cru arrivés et ce n'était pas le cas", a dit le troisième ligne.

"On se fout un peu de la manière dont on a joué. On est conscient du refus de match qu'on a fait. C'est un avertissement sans frais. On a été très passif. C'est surtout dans la tête", a ajouté le centre Maxime Mermoz.

Alors qu'ils menaient 9-3 (51e), les Français ont arrêté de jouer et ont été dominés par une équipe galloise en infériorité numérique.

"On était 15 sur le terrain et on s'est fait bouger par 14 Gallois. Cherchez l'erreur. On s'est accroché à tout ce qu'on pouvait et on a gagné. On ne le mérite peut-être pas. C'est la loi du sport. Le plus chanceux a gagné", a encore dit Mermoz.

Depuis la défaite face aux Tonga (19-14), les Français se sont concentrés sur les qualités qui leur avaient permis de réaliser le Grand Chelem 2010: la touche (5 ballons volés en seconde période), la défense (126 plaquages, dont 75 en seconde période, 12 ratés) et le jeu au pied, 38 fois selon le sélectionneur gallois Warren Gatland.

Plus que sur le contenu du match, les Bleus mettent l'accent sur les ressources mentales dont ils ont fait preuve pour conserver leur avantage au score lors des dernières vingt minutes.

"Je retiens qu'on a été au moins présent dans l'état d'esprit. Ce soir, on a été une bonne équipe de Fédérale (3e division) qui s'est jetée sur tous les ballons et n'a rien lâché. Sans fond de jeu, sans rien d'accord. La manière n'était pas là, mais au moins il y avait l'état d'esprit", dit le pilier gauche Fabien Barcella.

"On a été une pâle équipe de France, très moribonde mais on s'est tous battus. C'est peut-être cette solidarité qui n'était pas là au début qui nous fait gagner cette demi-finale", a-t-il ajouté. n

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Bertrand Boucey

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